PREDICAP. La prédication en chapitre général dans les ordres religieux médiévaux
Participant(es)

Cécile Caby
Sorbonne Université

Maxime Arcelin
Doctorant·e

Carol Demessieux
Doctorant·e

Loïc Pierrot
Doctorant·e

Marguerite Vernet
Doctorant·e
Il s’agira à la fois de promouvoir un recensement des traces écrites de ces prises de parole (mention dans les sources normatives ou éventuellement narratives et, surtout, leur conservation écrite) et d’entreprendre une étude de ces sermons et discours dans le temps long (XIIe-XVe siècles) dans une perspective comparatiste entre les différents ordres et, éventuellement, avec d’autres assemblées médiévales ayant donné lieu à des discours solennels.
The objective is both to promote a survey of the written records of these addresses (mentions in normative or, possibly, narrative sources and, above all, their written preservation) and to undertake a study of these sermons and speeches over the long term (12th–15th centuries) from a comparative perspective across different orders and, potentially, with other medieval assemblies that featured solemn addresses.
Le projet
Paris, Bibl. Mazarine, ms. 1765, détail du f. 124r (chapitre général de l'ordre des Trinitaires) Crédits photographiques: Cliché IRHT ; droits collectivité, CNRS et MCC
Le rôle et le fonctionnement des réunions capitulaires (chapitres provinciaux ou généraux) dans l’organisation institutionnelle des ordres religieux à partir du XIIe siècle ont fait l’objet, au cours des dernières décennies, d’enquêtes qui en ont souligné l’importance tant à l’échelle des ordres eux-mêmes que des relations entre ces structures et la papauté.
Certains auteurs ont par ailleurs mis en évidence la façon dont, par-delà leur fonction première de correction et d’élaboration du ius proprium des ordres, ces réunions représentaient une occasion de discussions et d’échanges oraux auxquels les comptes rendus écrits ne font pas nécessairement justice, alors qu’ils constituent un lieu essentiel de la construction d’une cohésion d’ordre. Outre cette parole informelle, les chapitres ménagent une place à des prises de parole plus normées et institutionnalisées. Bien que leur existence au sein des rituels présidant à ces réunions ait été maintes fois relevée, les prises de parole solennelles que les réunions capitulaires suscitent constituent encore un gisement textuel mal connu et mal étudié, qui peut pourtant permettre d’approcher d’une autre manière ces moments essentiels de la construction (et re-construction) des ordres, ainsi que les techniques de communication interne et de gouvernement mises en œuvre par les réguliers.
Un premier aspect du projet consistera à promouvoir – sans viser l’exhaustivité – un recensement des traces écrites de ces prises de parole conservées (aussi bien leur mention dans les sources normatives ou éventuellement narratives que, surtout, leur conservation écrite) ; on envisage d’ailleurs de réaliser à l’issue du projet une anthologie de textes édités (et éventuellement traduits).
Un second aspect du projet s’attachera à l’étude de ces sermons et discours dans le temps long (XIIe-XVe siècles) et dans une perspective comparatiste entre les différents ordres et, éventuellement, avec d’autres assemblées médiévales ayant donné lieu à des discours solennels.
Un certain nombre de questions pourront guider les travaux, auxquelles il sera nécessaire de répondre en tenant compte des spécificités éventuelles des pratiques des différents ordres, des distinctions entre pratiques oratoires au sein des chapitres généraux ou provinciaux, des évolutions des pratiques et des éventuelles influences pouvant les expliquer :
- À quels moments des réunions capitulaires se situent ces prises de parole ? Sont-elles (et de quelle façon) normées par les statuts des ordres ?
- Quels en sont les acteurs ? Internes ou externes à l’ordre ? Quel niveau hiérarchique ? etc.
- Quelles formes rhétoriques sont privilégiées (du sermo modernus au discours épidictique), en fonction des ordres, des époques ?
- Existe-t-il des sujets privilégiés ?
- Peut-on reconnaître l’existence de modèles et repérer les traces de leur circulation dans les ordres, voire entre eux ?
- Peut-on repérer l’influence d’autres formes de prises de parole publique notamment dans des occasions solennelles (discours d’ambassade, diètes, assemblées du royaume de France etc.) ?
