Le monde politique de la Fronde
Le projet
Avis que donne un Frondeur aux Parisiens qu’il exhorte de se révolter contre la tyrannie du cardinal Mazarin. Gravure anonyme, v. 1650.
Ce projet de recherche porte sur la Fronde envisagée comme un moment de recomposition des pratiques politiques, des réseaux de pouvoir et des espaces de mobilisation dans la France du XVIIe siècle. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur les cultures politiques de la première modernité et sur les formes concrètes de l’action politique en situation de crise.
Fondé sur l’exploitation de sources manuscrites conservées notamment au musée Condé à Chantilly, à la Bibliothèque nationale de France, au Service historique de la Défense et aux Archives diplomatiques du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ce travail entend proposer une lecture renouvelée de la crise frondeuse. Il mobilise des correspondances, mémoires, rapports diplomatiques, écrits politiques, documents parlementaires et archives urbaines permettant d’observer les acteurs au plus près de leurs pratiques.
L’objectif est de déplacer l’analyse de la Fronde d’une lecture principalement institutionnelle vers une étude des formes concrètes du politique. Il s’agit moins d’appréhender la crise uniquement à travers les oppositions entre la monarchie, les parlements et les princes que d’étudier les mécanismes relationnels, les stratégies d’influence, les médiations et les circulations qui structurent les engagements politiques. Cette approche s’inscrit dans une perspective d’anthropologie historique du politique attentive aux comportements des acteurs, aux logiques de clientèle, aux sociabilités et aux usages sociaux de l’information.
Une attention particulière est accordée aux sociétés urbaines envisagées comme des acteurs politiques à part entière. Deux espaces structurent principalement l’enquête : Paris et Bordeaux. Le cas parisien permet d’analyser les liens entre magistrats parlementaires, élites urbaines, réseaux aristocratiques et acteurs ecclésiastiques. Paris apparaît comme un espace politique dense où circulent rapidement informations, rumeurs et mots d’ordre de mobilisation. La ville se caractérise par l’importance des sociabilités de quartier, des cadres paroissiaux, des organisations de métiers et des réseaux de dépendance qui assurent la diffusion des engagements politiques.

