Early California Population Project de l’UC Riverside (University of California)
Participant(es)

Jacques Renard
Sorbonne Université
Collaboration(s)
extérieure(s)
- Steven W. Hackel (UC Riverside, University of California)
Le projet
L’idée originale de ce projet, émise par Steven Hackel, a été d’utiliser de manière systématique les informations contenues dans les registres paroissiaux des missions pour réécrire une histoire démographique qui avait jusqu’alors été souvent adaptée au gré des positions politiques des auteurs dans un débat toujours très vif. Les études proposées dans le premier tiers du XXe siècle se contentaient généralement de fournir des évaluations très sommaires de l’évolution de la population, en se basant sur des comptes annuels de population inscrits à la fin de chaque année dans les registres des franciscains. Les évaluations de la mortalité étaient rudimentaires et couramment empruntes de parti pris.
Utilisant le logiciel Access, Steven a tout d’abord relevé tous les actes contenus dans les registres paroissiaux en les insérant dans des tables organisées selon le type d’acte. Les liens entre les différentes tables étant assurés par la présence, pour chaque individu, d’un identifiant unique, un code numérique, créé par les franciscains eux-mêmes. Il était alors possible de rassembler les actes qui concernaient un même individu pour constituer sa biographie, et d’envisager ainsi une reconstitution globale des familles. Une première expérience d’export des données d’Access vers la norme gedcom s’est révélée très satisfaisante et les données transformées ont pu être exploitées dans le logiciel Casoar.
Toutefois, il est apparu que les codes numériques manquaient parfois, notamment dans les actes de mariage rendant parfois difficile l’identification des parents des conjoints, et interdisant ainsi un vrai suivi intergénérationnel. A ce stade, l’application de la méthode d’analyse des fiches de famille pour des mesures de nuptialité, de fécondité ou de mortalité, restait possible mais on ne pouvait envisager une analyse de la transmission des comportements ou plus globalement de génétique des populations. C’est cette phase de consolidation des liens que j’ai entreprise depuis quelques mois. Dans le même temps, des étudiants et jeunes chercheurs ont commencé à introduire les liens spirituels qui unissaient les individus, en particulier les liens de parrainage. Ces données vont non seulement améliorer l’identification des personnes mais elles vont également renforcer la cohérence des relations entre les individus et concourir à densifier les relations qui les unissent ouvrant la possibilité à des analyses de réseau notamment.
Cette approche nouvelle proposée par Steven a complètement renouvelé l’histoire démographique des populations de la Californie coloniale. Elle a permis de poser un constat, beaucoup plus solide que dans les expériences précédentes, sur l’évolution de la démographie de ce territoire à cette période.
Le premier enseignement est que l’histoire démographique des populations de la Californie est très contrastée selon les groupes étudiés. Deux modèles sont diamétralement opposés : Une population autochtone en plein déclin démographique, déclin massif, catastrophique, conduisant à sa disparition progressive de cette population et dans le même temps une explosion démographique du groupe des colons.
Le déclin de la population autochtone a eu de nombreuses causes immédiates comme le classique choc microbien, les épidémies ponctuelles de rougeole et de grippe, les maladies endémiques d’origine hydrique, la syphilis et la gonorrhée, qui ont altéré la santé et réduit la fécondité.
En comparaison, l’expansion de la population de colons ne résultait pas de l’immigration car moins d’un millier d’immigrants sont arrivés dans la région pendant la période coloniale, mais apparemment d’un dynamisme démographique considérable, comparable à celui des colons canadiens du Québec. Les colons ont non seulement bénéficié de conditions économiques favorables et d’un accès à la terre, mais ils étaient aussi profondément imprégnés d’une idéologie qui glorifiait les familles très nombreuses.
Ressources externes
Publications
- Jacques Marcel Renard, Hackel Steven. « Towards a New Population History of Early California: Mortality and Fertility among Indians and Colonists in Colonial California, 1769-1850 ». Social Science History Association, Annual Meeting, Social Science History Association, Nov 2021, Philadelphia (U.S.A.), United States. ⟨hal-03974630⟩
