Serments médiévaux

Participant(es)
Sumi Shimahara

Sorbonne Université

Collaboration(s)
extérieure(s)
  • D. Pasques (SU, CeLiSo, UR 7332)
  • J. Schneider (Univ. Gustave Eiffel, UR ACP)
  • C. Leveleux-Texeira (Univ. d’Orléans, POLEN / EPHE, LEM, UMR 8584).
Le projet vise à mieux appréhender ce qui fait du serment une parole « vraie », performative, en prenant en compte sa dimension rituelle et gestuelle. L’enquête s’articule en plusieurs thèmes. Le projet questionne ce qui rend légitime ou non le serment. Les usages politiques, sociaux, et judiciaires du serment en font une pratique courante, ce qui peut constituer un argument pour favoriser sa légitimité dans les sources normatives. Mais le recours trop fréquent conduit parfois au parjure, absolument condamné, et peut contribuer aussi à le dévaluer, voire à en circonscrire plus rigoureusement l’usage. La légitimité du serment se fonde aussi sur l’encadrement du rituel et des paroles prononcées, par l’établissement de normes et de formules, dont l’étude comparée, dans diverses aires linguistiques et religieuses, permet de mieux cerner ce qui était susceptible de créer une parole performative. Les sources normatives ne suffisent toutefois pas à documenter la pratique médiévale du serment : d’autres sources, diplomatiques ou normatives, permettent de saisir l’écart entre norme et pratique, même si elles créent également un biais. De manière générale, la question du biais de la mise par écrit d’une parole orale par essence se pose régulièrement ; elle est toutefois susceptible de se résoudre par l’étude croisée de différents dossiers.
The project aims to gain a better understanding of what makes an oath a ‘true’, performative utterance, whilst taking into account its ritual and gestural dimensions. The research is structured around several themes. The project examines what renders an oath legitimate or otherwise. The political, social and judicial uses of the oath make it a common practice, which may serve as an argument in favour of its legitimacy in normative sources. However, over-reliance on it sometimes leads to perjury—which is utterly condemned—and may also contribute to its devaluation, or even to more stringent restrictions on its use. The legitimacy of the oath is also based on the framework governing the ritual and the words spoken, through the establishment of norms and formulae; a comparative study of these across various linguistic and religious contexts enables us to better identify what was likely to constitute a performative utterance. Normative sources are not, however, sufficient to document the medieval practice of oath-taking: other sources, whether diplomatic or normative, enable us to grasp the gap between norm and practice, even if they also introduce a bias. Generally speaking, the issue of bias arising from the transcription of speech—which is, by its very nature, oral—arises regularly; it can, however, be resolved through the cross-referenced study of different records.

Le projet

Harold prête serment au duc Guillaume. Tapisserie de Bayeux, XIe siècle (Musée de la Tapisserie de Bayeux). Source

Le projet Serments médiévaux vise à favoriser les synergies entre historiens, historiens du droit canon et linguistes pour étudier une pratique qui se trouve au coeur des sociétés médiévales. Il porte à la fois sur les questions de normativité et de pratiques, dans diverses aires linguistiques et religieuses. Le projet s’inscrit dans l’initiative MeCir de Sorbonne Université. Le projet donne lieu à des rencontres régulières (ateliers de recherche, journées d’études, colloques) ainsi qu’à un séminaire mensuel (informations mises à jour régulièrement sur le site de l’initiative MeCir).

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