Early California Population Project de l’UC Riverside (University of California)

Participant(es)
Jacques Renard

Sorbonne Université

Collaboration(s)
extérieure(s)
  • Steven W. Hackel (UC Riverside, University of California)
Les registres de baptêmes, mariages et sépultures des 21 missions californiennes ainsi que celles de l’église de la Plaza de Los Angeles et du presidio de Santa Barbara ont été dépouillés et informatisés pour la période 1769-1850.
Ils contiennent les évènements vitaux de différentes communautés d’indiens, de pobladores des presidios et pueblos de Alta California, ainsi que des premiers colons anglo-américains venus en Californie.
La méthode de conversion puis d’exploitation a été expérimentée sur un premier échantillon de trois missions lors d’un premier séjour du professeur Hackel au centre Roland Mousnier puis elle a été déployée sur l’ensemble des données des 21 missions. J’interviens désormais sur la base de données grâce à un accès direct au portail de l’Université de Californie Riverside (UCR) pour restructurer et consolider les liens intergénérationnels entre les individus.
Ce projet est assorti d’un volet citoyen, les généalogistes peuvent venir puiser des informations dans la base de données au moyen d’un site internet dédié. (Lien vers le site : https://ecpp.ucr.edu/index.html )
The baptismal, marriage, and burial registers of the 21 California missions—as well as those of the Plaza Church in Los Angeles and the Santa Barbara Presidio—have been transcribed and digitized for the period 1769–1850. These records document the vital events of various Indigenous communities, pobladores (settlers) from the presidios and pueblos of Alta California, and the first Anglo-American colonists who arrived in California.
The method for converting and analyzing these records was initially tested on a sample of three missions during Professor Hackel’s first research stay at the Centre Roland Mousnier. It was later applied to the full dataset of all 21 missions. I now work directly with the database through access to the University of California, Riverside (UCR) portal, where I am restructuring and consolidating intergenerational links between individuals.

Le projet

San Gabriel mission – photo J. Renard

L’idée originale de ce projet, émise par Steven Hackel, a été d’utiliser de manière systématique les informations contenues dans les registres paroissiaux des missions pour réécrire une histoire démographique qui avait jusqu’alors été souvent adaptée au gré des positions politiques des auteurs dans un débat toujours très vif. Les études proposées dans le premier tiers du XXe siècle se contentaient généralement de fournir des évaluations très sommaires de l’évolution de la population, en se basant sur des comptes annuels de population inscrits à la fin de chaque année dans les registres des franciscains. Les évaluations de la mortalité étaient rudimentaires et couramment empruntes de parti pris.

Utilisant le logiciel Access, Steven a tout d’abord relevé tous les actes contenus dans les registres paroissiaux en les insérant dans des tables organisées selon le type d’acte. Les liens entre les différentes tables étant assurés par la présence, pour chaque individu, d’un identifiant unique, un code numérique, créé par les franciscains eux-mêmes. Il était alors possible de rassembler les actes qui concernaient un même individu pour constituer sa biographie, et d’envisager ainsi une reconstitution globale des familles. Une première expérience d’export des données d’Access vers la norme gedcom s’est révélée très satisfaisante et les données transformées ont pu être exploitées dans le logiciel Casoar.

Toutefois, il est apparu que les codes numériques manquaient parfois, notamment dans les actes de mariage rendant parfois difficile l’identification des parents des conjoints, et interdisant ainsi un vrai suivi intergénérationnel. A ce stade, l’application de la méthode d’analyse des fiches de famille pour des mesures de nuptialité, de fécondité ou de mortalité, restait possible mais on ne pouvait envisager une analyse de la transmission des comportements ou plus globalement de génétique des populations. C’est cette phase de consolidation des liens que j’ai entreprise depuis quelques mois. Dans le même temps, des étudiants et jeunes chercheurs ont commencé à introduire les liens spirituels qui unissaient les individus, en particulier les liens de parrainage. Ces données vont non seulement améliorer l’identification des personnes mais elles vont également renforcer la cohérence des relations entre les individus et concourir à densifier les relations qui les unissent ouvrant la possibilité à des analyses de réseau notamment.

Cette approche nouvelle proposée par Steven a complètement renouvelé l’histoire démographique des populations de la Californie coloniale. Elle a permis de poser un constat, beaucoup plus solide que dans les expériences précédentes, sur l’évolution de la démographie de ce territoire à cette période.

Le premier enseignement est que l’histoire démographique des populations de la Californie est très contrastée selon les groupes étudiés. Deux modèles sont diamétralement opposés : Une population autochtone en plein déclin démographique, déclin massif, catastrophique, conduisant à sa disparition progressive de cette population et dans le même temps une explosion démographique du groupe des colons.

Le déclin de la population autochtone a eu de nombreuses causes immédiates comme le classique choc microbien, les épidémies ponctuelles de rougeole et de grippe, les maladies endémiques d’origine hydrique, la syphilis et la gonorrhée, qui ont altéré la santé et réduit la fécondité.

En comparaison, l’expansion de la population de colons ne résultait pas de l’immigration car moins d’un millier d’immigrants sont arrivés dans la région pendant la période coloniale, mais apparemment d’un dynamisme démographique considérable, comparable à celui des colons canadiens du Québec. Les colons ont non seulement bénéficié de conditions économiques favorables et d’un accès à la terre, mais ils étaient aussi profondément imprégnés d’une idéologie qui glorifiait les familles très nombreuses.

Ressources externes

Publications

  • Jacques Marcel Renard, Hackel Steven. « Towards a New Population History of Early California: Mortality and Fertility among Indians and Colonists in Colonial California, 1769-1850 ». Social Science History Association, Annual Meeting, Social Science History Association, Nov 2021, Philadelphia (U.S.A.), United States. ⟨hal-03974630⟩
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