Déterminants environnementaux
de la fécondité

XVIIIe – XXe siècle


Nicolas TODD


Résumé

Le projet propose une étude globale du lien entre statut énergétique et fécondité sur des populations des XVIIIe-XXe siècles.

De nombreuses études d’écologie de la reproduction, analysant les paramètres clefs de la fonction reproductive (durée du cycle menstruel, taux circulants des principaux stéroïdes sexuels, etc.) dans des contextes environnementaux variés, ont montré que la fonction ovarienne varie finement en fonction du statut énergétique. Les conséquences de cette association statut énergétique – fertilité (capacité à se reproduire) pour l’étude de la fécondité (nombre d’enfants effectivement réalisé) restent mal comprises. On ignore en particulier si des variations du statut énergétique ont, au cours de l’Histoire, pu avoir des effets sensibles de freinage ou d’accélération de la croissance de la population.

Le projet étudie les effets du statut énergétique sur les deux principales composantes de la fécondité – fécondabilité et temps de stérilité postpartum. Une grande masse de reconstitutions des familles déjà disponibles sera utilisée pour la fécondabilité. Ces données démographiques seront mises en rapport avec des bases de données climatiques et économiques, et analysées par les techniques de l’épidémiologie moderne (analyse de séries temporelles, étude crossover, etc.).

L’étude des déterminants environnementaux du délai nécessaire au retour de la fonction ovarienne dans le postpartum sera conduite grâce aux Demographic Health Surveys (DHS) réalisées ces quatre dernières décennies. Une approche de modélisation permettra de quantifier l’effet total de l’ensemble des associations mesurées, et ce à la fois dans des contextes de fécondité naturelle et de fécondité contrôlée.

The project investigates the link between energetic status and fertility in eighteenth to twentieth century populations. Numerous reproductive ecology studies have analyzed key reproductive function parameters (length of the menstrual cycle, circulating levels of sex steroid hormones, etc.) in various environmental settings, and have shown that ovarian function depends on energetic status (dietary intake, physical workload), with even modest variations in the latter found to have significant effects.

The consequences this association between energetic status and fecundity (the capacity for reproduction) have for the study of fertility (actual reproduction) remain unclear. In particular, it is unknown whether variations in energetic status have significantly slowed down or spurred population growth throughout human history.

The project studies the effects of energetic status on the two main components of fertility – fecundability and postpartum suppression of ovarian function. A large number of family reconstitutions will be used for the analysis of fecundability. These demographic data will be linked to climatic and economic databases and analyzed using modern epidemiology techniques (time series analysis allowing for non-linear effects, case-crossover designs, etc.).

The study of the environmental determinants of the waiting time to postpartum resumption of ovarian activity will be conducted using the Demographic Health Surveys (DHS) that have been conducted over the last four decades. A modeling approach will enable the estimation of the total effect of all of the associations measured, for both natural and regulated fertility contexts.